• Karine Mauguin

Confinement, quand ça craque...

Depuis quelques jours, les vidéos, les messages qui circulent sur les réseaux sociaux changent de ton : après la période des conseils, du genre "on va vous donner les moyens de vous occuper", nous entrons manifestement dans une autre phase : celle du ras-le-bol, de la lassitude face à une situation qui dure.

Certes, on rit de ces vidéos montrant des mamans qui n'en peuvent plus, des couples au bord de la rupture, mais n'est-ce pas une façon habile de mettre en scène ce que beaucoup ressentent ?

Sans aucun doute, et nous en faisons l'expérience, ce confinement nous fait passer par des étapes. A ce stade, il est probable qu'il y ait un fort besoin d'exutoires, de respirations. L'enfermement devient pesant, parce qu'il ressemble à un tunnel dont le bout n'apparaît pas encore. Aujourd'hui, ce qui est dur, c'est que ça dure.


Et si on s'autorisait à exprimer ce ras-le-bol ! Bien sûr, sans utiliser nos proches comme bouc-émissaires !

Commençons par nous envoyer des fleurs : oui, on a fait de notre mieux ; oui, on a fait preuve d'ingéniosité, d'un grand sens de l'adaptation qu'on ne se connaissait pas. Mais reconnaissons aussi que nous avons puisé dans les réserves de notre patience et que nous avons épuisé nos idées et nos ressources, avant même que les vacances n'arrivent !

Alors, oui, c'est le moment d'exprimer son ras-le-bol, son envie que la vie revienne à la normale, et de laisser monter nos cris..( doucement pour les voisins), nos révoltes devant cette situation. Oui , disons-le : on en a marre d'être enfermé ! On en a assez de rencontrer les autres uniquement par des moyens techniques !  On sature de voir toujours les mêmes murs ! De remplir x fois la fameuse attestation en priant pour avoir coché la bonne case et pour ne pas avoir dépassé l'heure fatidique, au point qu'on n'a même plus envie de sortir ... je vous laisse ajouter votre propre litanie...


Allez, on continue et on fait la liste de ce qui nous manque : prendre un verre avec une amie, envoyer les enfants jouer au ballon dehors, partir en vacances ... poursuivez, vous avez sûrement des idées.

A présent, on fait le tour de nos besoins : j'ai besoin de temps calme, ou au contraire de présence, j'ai besoin d'aller marcher, de retrouver mes proches, d'aller chez le coiffeur...(ah ça oui !)

Et enfin, on écoute nos envies et là, la liste peut être longue, très longue...


Alors, ça fait du bien ? Espérons-le ! Parce que dans l'enfermement, on va éviter de s'enfermer en nous-même. Etouffer, refouler, contenir, sans échappatoire, on le déconseille pour éviter l'explosion que l'on regrettera ensuite.

Répétons-le, nous avons le droit d'en avoir marre de cette situation, de craquer, mais toujours en veillant à ne pas reporter notre colère sur nos proches, notre conjoint, nos enfants. Certes, leurs petites manies commencent peut-être à nous agacer sérieusement, mais au fond, ils ne sont pas responsables de la situation, pas plus que nous.


Alors, trouvons des moyens de laisser sortir le trop-plein, régulièrement, sans attendre : écrire, composer une chanson ou un poème, s'isoler, mettre en place une chorégraphie, un petit projet à la mesure de la situation, aider un proche... et parler, se confier, appeler à l'aide un ami, un professionnel pour libérer l'angoisse, la peur, la colère qui monte, le sentiment d'injustice ou d'impuissance. Demander de l'aide, ça peut nous coûter, mais je repense à cette femme qui m'a appelé hier : elle a eu la simplicité de me livrer son angoisse, ses inquiétudes. Je me suis sentie bien pauvre, mais le seul fait de lui avoir permis de l'écouter, de reconnaître avec elle la dureté de la situation et de la sienne en particulier, à ma grande surprise, elle a conclu : ça m'a fait du bien de parler, merci !



Ouf, ça m'a fait du bien de m'exprimer. Je me sens mieux et, vous ?


72 vues

Centre Therapsy - 11/17 rue des Tilleuls - 78960 Voisins le BRETONNEUX